Reflexion de voyage
February 9, 2026
10 minutes

Tourisme de masse : comment voyager de manière plus éthique ?

Voyager de manière plus éthique est devenu primordial pour combattre face au tourisme de masse. Découvrez en quoi le tourisme responsable peut apporter une solution, et comment adopter les bons comportements !

Tourisme de masse : comment voyager de manière plus éthique ?

Ces dernières années, après avoir voyagé plusieurs fois à l’étranger, il faut se rendre à l’évidence que le tourisme de masse est devenu un vrai problème.

C’est un sujet de discussion que j’entend beaucoup parler autour de moi, et force est de constater que l’expérience du voyage s’est dégradé avec le temps.

Ce phénomène ne date pas d’hier, mais ne fait que progresser au fur et à mesure du temps que chaque individu possède les moyens de pouvoir se permettre de voyager plus loin que son propre pays.

Pour celles et ceux qui aiment voyager en backpack, on aime souvent se démarquer en se disant qu’on explore le monde différemment, qu’on aime sortir hors des sentiers battus pour éviter cette foule de touristes.

Même si dans les faits cela semble être une bonne initiative, il n’en reste pas moins que certains voyagent seulement pour le simple plaisir de découvrir de nouveaux lieux, sans réellement creuser loin dans la compréhension de là où ils vont.

La négligence des us et coutumes, les mauvais comportement ainsi que l’objectif de seulement prendre des photos ou vidéos pour les réseaux sociaux sont les causes de beaucoup de débat dans le milieu du tourisme.

Dans ce cas, quelle alternative adopter pour rendre le voyage beaucoup plus sain et respectueux ? Faut-il revoir sa manière de voyager tout simplement ?

Une solution alternative au tourisme de masse : le tourisme responsable

Selon moi, il y a une approche qui me semble fondamentale pour rendre chacun de nos voyages le plus mémorable et le plus enrichissant tant sur le point culturel que sur le plan humain : le tourisme responsable.

Le tourisme responsable se compose de 3 grands axes.

🌍 Impact environnemental

Réduire son empreinte carbone (transports)

Aujourd’hui, il s’agit d’un sujet d’actualité qui fait beaucoup parler. On sait tous que chacun de nous laissons des traces derrière nous en émettant du carbone au quotidien. Et l’un des plus gros points d’émissions concernent les transports, dont l’avion.

Pour certains d’entres nous, l’avion est le mode de transport le plus privilégié pour se déplacer dans le monde entier, mais est malheureusement celui qui dégage le plus de CO2.

A savoir que pour un vol Paris - New York, l’émission de CO2 par un avion suffirait à remplir notre quota annuel d’émission de gaz à effet de serre.

Mais alors, comment faire pour allier sa passion pour le voyage tout en étant soucieux de son impact écologique ?

La réponse radicale serait de ne plus voyager en avion, et de ne prendre que le train et le bus comme moyen de transport. Sauf que dans les faits, ce n’est pas si simple que ça.

Car on a tous une contrainte de temps et d’argent. Parfois il n’est pas possible de prendre le train car plus cher que l’avion et plus long. Idem pour le bus. Alors si on veut rester aligné avec ses principes, il faudra faire quelques sacrifices.

Si je devais vous donner mon avis là dessus, je pense qu’il faut trouver un juste équilibre. On n’est pas obligé de renoncer à l’avion, car cela reste un moyen de transport vraiment pratique.

Seulement, il faudra revoir la manière dont on voyage. Je recommande de pratiquer le tourisme lent, ou “slow tourism” en anglais.

Préserver les écosystèmes et la biodiversité

De plus en plus, on peut apercevoir des hôtels et resort construit dans le but d’attirer plus de touristes. Si on regarde du côté de l’Asie du Sud-Est, beaucoup d’investisseurs voient le tourisme comme une niche rentable et où le confort du touriste reste la priorité au détriment de la préservation de la nature.

La conséquence de ça, c’est une déforestation massive et la privatisation de certaines zones autrefois accessible au public.

Cela entraine également une affluence progressive de nouveaux touristes dans ces zones, et qui peuvent dégrader l’environnement par des comportement irrespectueux : jet de déchets, condescendence et hostilité envers la population locale.

Parmi ceux qui sont visés, ce sont bien entendu certaines populations natives qui vivent encore dans ces zones, et qui sont menacés par le développement de toutes ces infrastructures.

Or, ce qui rend la beauté d’un pays si attractif, c’est bien des lieux préservés où une population locale vivent pour partager leur culture, leur tradition en nous faisant découvrir leur propre pays à leur manière.

On ne voyage pas pour simplement se détendre devant la piscine dans un décor paradisiaque avec tous les services de l’hôtel inclus. On voyage pour découvrir une réalité différente, pour apprendre des choses qui n’existent pas chez nous.

Limiter sa consommation (eau, énergie, déchets)

A notre échelle, s’il y a bien un moyen de protéger notre environnement même en étant en voyage, c’est bien sûr de limiter sa consommation d’eau, d’énergie, de produits à base de plastique ainsi que le gaspillage alimentaire.

Il est souvent tentant de se dire que lorsqu’on voyage, on peut se permettre de se relâcher et faire tout ce qu’on veut.

Quand on est dans l’hôtel, on va utiliser beaucoup plus d’eaux que d’habitude ou bien laisser la climatisation ouverte toute la journée. Dehors, on va aussi se permettre d’acheter des bouteilles d’eaux, demander des sacs plastiques, goûter à différents plats locaux, etc.

Cette consommation excessive entraine un dérèglement dans la chaine d’approvisionnement des ressources vitales.

Là où la population locale se permet de n’utiliser que le stricte minimum pour sa consommation, le touriste lambda va profiter de sa situation pour consommer bien plus que ce dont il a réellement besoin.

A cela, on peut aussi se poser la question des déchets qui s’entassent progressivement à la déchetterie. Dans certains pays, le traitement n’est pas optimisé pour avoir autant de déchets, car celle-ci se repose principalement sur le mode de consommation de la population locale.

Compte tenu de la venue des touristes, il n’est donc pas rare que la déchetterie soit saturée, mais qu’en plus, ces déchets soient laissés dans la nature.

Pour cette raison, il faut savoir prendre conscience de notre propre impact en tant que voyageur, et les conséquences que chacune de nos actions peuvent engendrer.

Un conseil : privilégiez de ramener votre gourde, et si possible de ramener un sac en tissu pour tout vos achats au marché. Et c’est encore mieux si vous pouvez vous-même vous faire à manger en prenant un tupperware avec vous !

Respecter les espaces naturels et la faune

L’être humain, de base, vit en symbiose avec la faune et la flore. Avec l’émergence du tourisme et de la surconsommation à outrance, nous avons fini par créer un dérèglement si brutal que notre planète subit les conséquences de nos actes.

La quantité massive de déchets plastiques tuent les animaux, nos habitudes de consommation engendrent des productions intensives de produits peu recommandables, et qui sont par la suite jetés dans la nature.

Au-delà même des déchets, certaines pratiques illégales dont l’exploitation des animaux, sont utilisés pour servir comme de divertissement pour les touristes. L’utilisation des éléphants et singes en Thailande sont le parfait exemple qui montrent jusqu’où le tourisme peut aller pour notre simple plaisir.

Mon conseil : si on veut s’assurer que nos voyages soient le plus authentique possible, on doit s’engager à respecter certains codes qui respectent l’environnement et revoir notre manière de découvrir un pays.

👥 Impact social et culturel

Respecter les populations locales et leurs traditions

Découvrir un nouveau pays ne doit pas se limiter à seulement visiter des lieux historiques et voir de beaux paysages.

A côté de cela, il y a aussi un devoir de respect envers la population locale et de ses traditions.

Comprendre les us et coutumes du pays, les codes vestimentaires, le niveau de politesse et les méthodes d’interagir avec les locaux sont primordiaux pour éviter tout malentendu et irrespect.

C’est aussi une façon d’envoyer un message positif à notre interlocuteur pour lui dire qu’on s’intéresse à sa culture, à son quotidien, et qu’on le traite de manière égale malgré les différences.

Apprendre ne serait-ce que quelques phrases dans la langue du pays est une preuve de respect et d’ouverture d’esprit, car c’est montrer que l’on veut comprendre la réalité de l’autre en essayant de dialoguer avec l’autre.

Favoriser les rencontres authentiques

Dans tous mes voyages en solo, les rencontres authentiques sont pour moi les plus importantes.

On a souvent tendance à considérer un voyage comme une destination où on va découvrir des lieux incontournables, goûter à différents plats et participer à des activités locales.

Sauf que le voyage, c’est avant tout une manière pour découvrir de nouvelles visions, des histoires et des réalités à travers les yeux de chacune de nos rencontres.

Pour certaines de ces rencontres, beaucoup seront éphémères. Mais parfois, seulement une poignée d’entres elles vont être riche en apprentissage.

On apprend beaucoup de choses sur soi-même en confrontant les idées d’une personne issue d’un pays différent.

A mon sens, il ne faut pas négliger ce point, car beaucoup trop souvent lorsqu’on voyage, on a tendance à rester enfermer dans sa bulle et ne pas essayer de chercher à aller vers les autres.

Pourtant, c’est bien ces moments de discussion, ne serait-ce que quelques minutes qui peuvent vraiment changer la donne dans votre aventure !

Éviter le tourisme de masse intrusif

Le tourisme de masse est souvent perçu comme un fléau pour la population locale. Et pour cause, cela diminue drastiquement la qualité de vie des habitants qui sont proches des lieux touristiques.

La grande majeure partie des touristes viennent pour le simple fait de se prendre en photo dans des monuments historiques, parfois sans comprendre ce que ce monument peut bien représenter à leur yeux.

Certains vont même jusqu’à déranger les habitants du coin pour accéder à des propriétés privées, dans le but de trouver des bons spots “instagrammable”.

C’est en cela que le tourisme de masse intrusif peut générer des comportements parfois aggressifs de la part des locaux, qui manifeste un rejet des touristes sur leur lieu.

Et en soit, c’est tout à fait compréhensible de leur part d’agir de la sorte. Qui aimerait qu’on le dérange là où on habite ?

Au fur et à mesure, beaucoup de ces lieux perdent leurs âmes car beaucoup trop bondé. L’expérience du voyage en devient donc dégradée.

Une solution pourrait être de renforcer les mesures de sécurité dans certains lieux, en faisant en sorte que les consignes soient respectées. Sauf que bien souvent, ces règles ne sont pas toujours suivies à la lettre.

A notre échelle, la seule chose qu’on peut faire, c’est de toujours respecter chaque endroit que l’on visite : ne pas crier, ne pas essayer de rentrer dans une propriété privée, demander des informations sur le lieu à des commerçants du coin et respecter l’espace privé des habitants.

Préserver le patrimoine culturel

Une des raisons pour lesquelles la population locale sont fières de leur ville, c’est bien la préservation de leurs patrimoines culturels. Et en ce sens, il est tout à fait normal pour eux de vouloir faire découvrir ces très beaux monuments et musées historiques à une plus grande échelle.

Le tourisme en tant que tel permet de favoriser le développement de ces villes, ce qui est une bonne chose pour l’économie locale.

Cependant, le tourisme non contrôlé peut amener son lot de désagrément pour la ville : vandalisation des murs, dégradation progressives de certaines infrastructures et le non-respect des lieux de cultes.

Il est important de comprendre que chaque pays a sa propre histoire, ses propres coutumes et sa propre civilisation. Détruire leur patrimoine culturel, c’est détruire une partie de leur identité.

C’est pour cette raison qu’en tant que touriste, il faut savoir se positionner comme étant un “invité” chez la population locale : on vient chez eux pour partager des moments et respecter leur patrimoine culturel.

💰 Impact économique

Privilégier l'économie locale (restaurants, hébergements, guides locaux)

Le tourisme actuel repose beaucoup sur des packages élaborés par des agences de voyage dans le but de lui faire découvrir ce qu’il veut voir : des plages paradisiaques, des hôtels confortables, des restaurants de qualité et des transports commodes.

Or, ce type de voyage finance principalement les entreprises déjà bien établies, mais ne finance que très peu voir en aucun cas l’économie locale.

Surtout que lorsqu’on sait ce que ces entreprises font de cet argent, c’est surtout dans l’unique but de développer de nouveaux complexes hôteliers afin de remplir une demande qui est forte.

Et oui ! Malheureusement, le monde du marché fonctionne suivant l’offre et la demande. Plus il y a de demande pour ce type de voyage, plus les entreprises vont tout faire pour satisfaire ses clients.

Sauf que pour certains commerçants, hôtes et guides locaux, face au poids de ces entreprises, ces derniers se retrouvent alors délaissés. Pourtant, beaucoup d’entres eux ont une réelle passion pour le partage de leur culture, de passer de très bons moments et vous faire découvrir des choses hors des sentiers battus.

Tout dépend donc où vous investissez votre argent dans votre voyage : est-ce que vous préférez l’investir dans le but de financer ces entreprises avides d’argent dans le seul but de vous faire voir ce que vous voulez ? Ou vous préférez laisser place à la découverte en allant directement voir les locaux pour une réelle immersion ?

Rémunération équitable des acteurs locaux

Beaucoup de commerçants, hôtes et guides locaux travaillent à leur compte et sont rémunérés par rapport à leur prestation.

Quand un touriste dépense son argent chez eux, c’est une très grande partie de l’argent qui sera utilisé pour financer l’économie locale : recrutement d’employées locaux, déclaration de ses revenus aux impôts, réinvestissement pour d’autres projets locaux, etc.

Pour savoir quelles sont les établissements qui profitent à l’économie locale, certaines information permettent de détecter assez facilement son fonctionnement : comment les employés sont-ils traités, comment sont-ils formés, est-ce que ces derniers sont passionnés dans leur domaine, est-ce qu’il s’agit d’une chaine, etc.

En allant directement auprès des locaux, on s’assure que l’argent dépensé puisse leur être reversé directement sans qu’il y ait d’intermédiaires.

Éviter les grandes chaînes internationales quand possible

Comme son nom l’indique, les grandes chaînes internationales misent sur leur influence pour contrôler la façon dont on consomme.

Il n’est maintenant plus rare de voir pululer ces chaines partout dans le monde. Leur force repose sur leur identité de marque : quand quelque chose est très connue du public, la première chose qui leur vient à l’esprit, c’est bien cette marque, et pas une autre.

Si je prend l’exemple de Starbucks, la première chose qu’on va penser, c’est son café. Si demain, j’ai envie d’un café pendant que je voyage, je vais tout de suite penser à prendre un café Starbucks.

Du coup, toute notre pensée est orientée vers cette chaîne, et non plus vers la nouveauté, quand bien même d’autres coffee shop sont bien meilleurs.

Le piège est bien là, surtout lors d’un voyage. Il faut se débarrasser de ce biais cognitif pour apprendre à découvrir autre chose que ce qu’on a l’habitude de consommer.

En s’aventurant hors de notre système de pensée, on s’ouvre à des opportunités auxquelles on ne s’attend pas.

Conclusion

Le tourisme de masse est l'une des conséquence d’un système basé sur la volonté des clients à voyager plus confortablement sans prise de tête et en se reposant sur certains organismes spécialisés dans le tourisme.

De nos jours, les voyageurs misent avant tout sur des destination où l’on peut voir de beaux paysages et des monuments historiques qui plaisent aux yeux, sans forcément chercher à creuser plus loin. Les réseaux sociaux ainsi que les stratégies marketing détournent l'attention du public pour montrer une autre réalité du voyage qui n'a aucune vocation à apporter de la valeur à son séjour.

On se tourne vers un tourisme qui nous pousse à toujours voir plus, sans rentrer en profondeur dans l'environnement qui nous entoure. On ne fait alors que voir la surface d'un iceberg sans chercher à voir au plus profond d'un pays sa culture et ses traditions.

L’industrie du tourisme repose donc sur des grandes entreprises qui misent sur la satisfaction du client en cherchant à répondre à son besoin de confort et de rapidité. En conséquence, cela les conduit à développer leur offre en misant sur de nouvelles infrastructures ainsi que de nouvelles expériences sans tenir compte de tous les enjeux écologiques et sociales que cela peut engendrer.

Ce système dénature complètement l’essence même d’un voyage qui est de rendre son expérience la plus authentique et la plus humaine.

C'est un sujet qui m'intéresse énormément, mais qui demande énormément de recherche d'informations. Dans cet article, je n'ai fait que vous partager mes impressions ainsi que mes réflexions basées sur ma propre expérience. Voyager m'a permis de me remettre en question sur certains aspects du tourisme, tout en sachant que je suis conscient d'être moi aussi un touriste.

Par conséquent, il est de notre devoir de faire face à de telles ampleur en repensant le voyage différemment. Et le tourisme responsable doit pouvoir répondre à cette problématique.

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February 9, 2026
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